Macron refuse de démissionner Nuñez
Paris — Le président français Emmanuel Macron a refusé la démission du ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez à la suite des émeutes du week-end qui ont touché plusieurs villes de France. L'annonce a été faite par le bureau de la présidence de l'Élysée lundi matin (19/10/2026), après que Nuñez a présenté sa lettre de démission dimanche soir (18/10/2026).
Selon l'Élysée, Macron a demandé à Nuñez de rester en poste afin de préserver la continuité de la chaîne de commandement au sein de la police et des forces de sécurité. Le président a également chargé Nuñez de préparer sans délai de nouvelles méthodes opérationnelles pour faire face aux pilleurs, ainsi que de garantir une transparence totale sur les défaillances du renseignement en amont de la grande manifestation de samedi (17/10/2026).
Les chiffres derrière la décision
La décision de Macron intervient au milieu de l'impact massif des émeutes. Durant le week-end, près de 2 400 personnes ont été arrêtées dans toute la France, tandis que 997 policiers, gendarmes et pompiers ont été blessés. Un manifestant est mort à Paris d'un arrêt cardio-respiratoire. L'hôtel de ville de Limoges datant du XIXe siècle a été incendié par la foule, l'office de tourisme de Lyon a également été incendié, l'hôtel de ville de Marseille a été pris d'assaut et la résidence du préfet de Bordeaux a été attaquée.
La protestation qui a dégénéré en émeute est partie de revendications sur le coût de la vie, les services publics et les conditions scolaires. Le samedi 17 octobre 2026, le mouvement a rassemblé environ 550 000 personnes selon le gouvernement, ou 800 000 selon le syndicat CGT. Des pillages ont eu lieu à Paris, Marseille et Bordeaux.
La transparence du renseignement, condition de survie
Dans un discours télévisé dimanche soir vers 20h00 heure locale, Macron a reconnu l'existence de défaillances du renseignement intérieur. « J'attends des réponses claires, et une transparence totale sera assurée », a déclaré Macron. Il a chargé Nuñez d'assurer cette transparence tout en élaborant une nouvelle approche sur le terrain pour réprimer les émeutiers.
Macron a également demandé au Premier ministre Sébastien Lecornu d'organiser dès que possible cette semaine un nouveau cycle de consultations avec les différents groupes de la société. Nuñez doit se rendre à Marseille lundi, où le maire Benoît Payan exige des explications sur les dispositifs de sécurité de la ville prise d'assaut par la foule.
Le pari politique de Macron
La décision de maintenir Nuñez n'est pas sans risque. L'opposition, de droite comme de gauche, attaque le gouvernement : le président du Rassemblement National Jordan Bardella qualifie l'exécutif de « lâche et sans cap », le candidat présidentiel Les Républicains Bruno Retailleau exige l'instauration de l'état d'urgence, tandis que le candidat présidentiel de gauche Jean-Luc Mélenchon dénonce les violences policières.
Macron a plutôt choisi de maintenir intact le commandement sécuritaire au cœur de la crise — un pari que tout remaniement ministériel en pleine émeute serait plus dangereux que le maintien d’un ministre décrié. Le discours de dimanche soir se voulait aussi une tentative d’apaiser le public et les marchés financiers, juste avant que Macron n’entame ce lundi une tournée de trois jours au Moyen-Orient.






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